Cuisiner avec beaucoup moins de risque de vous brûler sur une plaque chaude, ça existe : c’est la cuisson à induction. Autrefois plus rare au Québec, elle se retrouve maintenant chez la plupart des grands fabricants et s’est imposée comme une option à considérer sérieusement au moment d’acheter une nouvelle cuisinière.

Comment ça marche?

Prenons l’exemple de la cuisson d’un œuf. Sur une cuisinière ordinaire, on chauffe d’abord le rond, qui à son tour chauffe la casserole, qui fait chauffer l’eau, puis l’œuf. Sur une cuisinière au gaz, c’est la flamme qui chauffe la casserole, puis l’eau, puis l’œuf. Mais sur une plaque à induction, nul besoin de chauffer le rond : la casserole est réchauffée directement par ondes électromagnétiques.

Sous la surface vitrocéramique se trouvent des bobines reliées à un courant électrique. Lorsque le courant circule, il produit un champ électromagnétique qui génère des courants dits « de Foucault » dans le métal de la casserole, ce qui la chauffe directement, sans avoir à chauffer la plaque elle-même. La zone sous la casserole se réchauffe tout de même par conduction pendant la cuisson, c’est pourquoi ces cuisinières sont équipées d’un témoin de chaleur résiduelle : le reste de la surface, lui, demeure nettement moins chaud qu’une plaque vitrocéramique classique.

La différence avec une plaque vitrocéramique classique

Les deux se ressemblent au premier coup d’œil : une surface de verre noir, lisse et sans rond visible. La différence se joue en dessous. Une plaque vitrocéramique électrique classique chauffe une résistance sous le verre, qui transmet ensuite sa chaleur à la casserole par conduction; le verre lui-même devient donc chaud, parfois pendant plusieurs minutes après la cuisson. La plaque à induction, elle, transfère l’énergie directement à la casserole plutôt que de chauffer une résistance. C’est ce qui explique pourquoi une surface à induction refroidit beaucoup plus vite qu’une plaque vitrocéramique classique, même si la zone sous la casserole reste chaude un moment par conduction, d’où le témoin de chaleur résiduelle.

Choisissez bien vos casseroles

Ce n’est pas pour rien que la plaque à induction ne devient pas chaude : ce type de chauffage n’est pas efficace sur tous les matériaux. Pour fonctionner, votre casserole ou poêle doit être ferromagnétique, c’est-à-dire qu’un aimant doit pouvoir y coller.

Le test est simple : prenez un aimant de réfrigérateur et collez-le sous votre casserole. S’il tient, elle est compatible. La fonte fonctionne bien, mais attention à l’acier inoxydable : contrairement à une croyance répandue, une bonne partie de l’acier inoxydable courant n’est pas magnétique et ne fonctionne donc pas à l’induction, à moins d’avoir une base spécialement conçue à cet effet (souvent indiquée par un pictogramme sur l’emballage). L’aluminium, le cuivre et la céramique, eux, ne fonctionnent pas du tout sans cette base spéciale. Si la majorité de votre batterie de cuisine échoue au test, il faudra en tenir compte dans votre budget avant de faire le saut.

Un choix aussi écoénergétique

Parce que l’énergie est transférée directement à la casserole plutôt que dissipée dans l’air ambiant autour d’une résistance chauffante, la cuisson à induction perd moins de chaleur en cours de route. L’eau y bout généralement plus vite que sur une plaque électrique classique, pour une consommation d’énergie réduite.

Les avantages au quotidien

Au-delà de la sécurité et de l’efficacité énergétique, la cuisson à induction se distingue par sa précision, comparable à celle d’une flamme au gaz, et par la rapidité avec laquelle la surface refroidit une fois la casserole retirée. Comme le verre autour de la casserole ne devient jamais très chaud, les débordements n’y cuisent pas et se nettoient facilement, sans le cerne brûlé typique d’une plaque électrique classique.

Un entretien tout de même nécessaire

La surface reste du verre : elle peut se rayer si vous y glissez une casserole plutôt que de la soulever, ou se marquer si un renversement sucré n’est pas essuyé rapidement. Les bobines électromagnétiques et les composants électroniques peuvent eux aussi tomber en panne comme sur n’importe quel appareil. Pour le nettoyage du four qui accompagne votre cuisinière à induction (la cavité, elle, chauffe toujours de façon conventionnelle), consultez notre guide de nettoyage du four.

FAQ

Pourquoi ma cuisinière à induction émet-elle un léger bourdonnement pendant la cuisson?

C’est normal : le bruit provient soit du ventilateur de refroidissement intégré, soit d’une légère vibration de la casserole causée par le champ électromagnétique, surtout à puissance élevée. Si le bourdonnement devient fort, inhabituel ou s’accompagne d’une odeur, faites vérifier l’appareil par un technicien.

Ma casserole est compatible, mais la cuisinière ne la détecte pas : pourquoi?

Le plus souvent, la casserole n’est pas bien centrée sur le rond ou son diamètre est trop petit pour la zone de cuisson sélectionnée : la plupart des cuisinières à induction exigent un diamètre minimal pour activer le capteur. Essayez de la recentrer ou de choisir un rond plus petit.

Puis-je utiliser un wok sur une cuisinière à induction?

Un wok traditionnel à fond rond ne repose pas à plat sur la surface et chauffe donc mal, voire pas du tout. Certains fabricants proposent des woks à fond plat conçus spécifiquement pour l’induction, et quelques modèles haut de gamme offrent un rond dédié en forme de bol.

La cuisson à induction est-elle sécuritaire pour les porteurs de stimulateur cardiaque ou d’autres dispositifs médicaux implantés?

Le champ électromagnétique produit par une plaque à induction peut théoriquement interférer avec certains dispositifs médicaux implantés (stimulateurs cardiaques, défibrillateurs). Par précaution, les fabricants recommandent généralement aux porteurs de ces appareils de consulter leur médecin avant l’achat et de garder une distance raisonnable avec la surface active pendant la cuisson.